Un voyage inattendu (partie 1)

Austausch - Un voyage inattendu„C’est juste un voyage de routine“. Voilà ce que je me disais avant de partir.
Je n’en attendais pas tant, au final : on part en Allemagne, on présente l’UPMC, on sympathise avec la délégation et on rentre. Eh ben, si j’avais su !

Tout commença par un mail qui émanait de la Direction des Ressources Internationales. Il était arrivé tant bien que mal à une partie des étudiants de l’UPMC, mais j’avais eu la chance d’être informé de l’échange et je comptais bien en faire partie. Ni une ni deux, j’ai constitué un dossier et je l’ai envoyé en indiquant que je serais fier de représenter mon université. Je vous laisse imaginer à quelle point j’étais heureux quand on m’a dit que j’avais été choisi pour cet échange !
L’Austausch – un échange franco-allemand dans le cadre du 50ème anniversaire du Traité de l’Élysée, signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, le 22 janvier 1963, dans le but de rapprocher les deux anciennes belligérantes : la France et l’Allemagne. Le but était simple : aller outre-Rhin pour présenter l’Université Pierre et Marie Curie, notre faculté, à la Freie Universität Berlin, l’Université Libre de Berlin, et comparer les deux systèmes universitaires du point de vue étudiant. Nous étions 8 et disposions de 6 jours.

On devait commencer par un Power Point qui regrouperait l’ensemble de nos filières – biologie, chimie, physique, math et informatique – ainsi que toutes les informations relatives à la vie étudiante. Je crois que c’est là que j’ai compris que le voyage ne serait pas commun. „Au pire, on finira le diapo dans l’avion“ qu’on disait en plaisantant. On était loin de se douter que ça finirait comme ça.

Accumulant les problèmes de communication, de connexion et de motivation, la création du PP diaporama revêtit un caractère épique ! Sans compter sur ce tempérament bien français qui nous pousse toujours à faire les choses à la dernière minute… Mais malgré tout ça, cette „épreuve“ nous a permis de nous rapprocher et de mieux nous connaître les uns les autres. Le groupe s’entendait bien, et c’était l’essentiel !

Après un vol plein de turbulences qui fait la joie des petits et des grands, nous arrivâmes enfin à destination : Berlin ! Nous fûmes accueilli par l’équipe allemande au grand complet – à l’exception d’un coordinateur français qui avait eu du mal à se réveiller. Première différence culturelle : tandis que les Allemands allaient main tendue – tradition germanique oblige -, les Français, eux, s’apprêtaient à saluer de cette bise si naturelle et chaleureuse qui fait partie de notre quotidien. Mis à part cela, le contact fut on ne peut plus facile. Nous fûmes heureux de pouvoir échanger nos premiers mots dans la langue maternelle de nos correspondants.
Je ne tairai pas le secret plus longtemps : à part quelques Français polyglottes, les Allemands maîtrisaient notre langue d’une façon remarquable. La délégation allemande avait placé la barre haut. Très haut. Toutefois, même les deux non-germanistes de notre groupe étaient prêts à apprendre leur langue et à représenter l’UPMC !

La 1ère soirée, nous la passâmes – pour la plupart – avec notre corres, comme on disait. En ce qui me concerne, je n’aurais pas pu mieux tomber. À la fois reizend (charmante) et lustig (drôle), ma correspondante était la partenaire d’Austausch idéale. Le courant passait bien. L’amitié franco-allemande commençait à s’illustrer.
En guise de 1er repas j’eus le droit à un magnifique, somptueux, succulent, inoubliable… kebab ? Oui, car il faut le savoir, les Allemands ne mangent pas comme nous. Ils n’ont pas d’heures de repas aussi bien délimitées. „La collation de 11 heures est avancée !“ Ces termes n’ont pas cours outre-Rhin. Bon, d’accord, par chez nous non plus, mais c’était pour illustrer l’affaire.

P1110101Donc, comme je le disais, les Allemands n’hésitent pas à faire d’un kebab leur repas en tout et pour tout. Mais attention ! Pas n’importe quels kebabs ! Alors que les nôtres ont tout juste le droit d’en porter le nom, les kebabs allemands sont de véritables garnisons de légumes, débordant de salade et de tomates, d’oignons et j’en passe, sur un lit de sauce qui donne très vite au mot scharf (épicé) tout son sens.
Certes, je n’ai pas été envoyé en Allemagne pour faire un rapport détaillé sur leur alimentation. Mais j’estime que cela fait partie de leur mode de vie d’étudiant.

En parlant de vie étudiante, il est à noter que celle-ci se déroule différemment de par chez nos amis allemands. En effet, le cycle universitaire est différemment ponctué : il est agencé en cycles d’environ 6 semaines pendant lesquelles ils se consacrent à l’étude d’une seule et unique matière. Rien à voir avec notre découpage semestriel.
Zum Beispiel (par exemple), la semaine de mon arrivée, ma corres travaillait la physique. À l’issue de ces 6 semaines, elle avait un examen dans la matière concernée. Si elle le réussissait, tant mieux, sinon, direction les rattrapages. Mais attention ! À quel prix !
Si jamais elle n’arrivait pas à valider la matière, elle devrait se préparer pour les rattrapages alors que l’enseignement de la matière suivante débuterait ! (Car oui, les Allemands n’ont pas de pause entre chaque cycle.)
Et en plus, si l’examen initial portait sur la 1ère partie du cours (zum B. «Mécanique des fluides»), la 1ère session de rattrapages porterait sur la 2nde partie du cours (z. B. «Optique»). Et si elle n’arrivait toujours pas à valider la matière, elle aurait droit à une 2ème session de rattrapages sur la dernière partie du cours.
La panacée, me diriez-vous ? Détrompez vous. Non seulement l’étudiant(e) devrait travailler l’ancienne et la nouvelle matière simultanément, mais si jamais à l’issue de la dernière session de rattrapages il/elle n’arrivait toujours pas à valider la matière, il/elle serait purement et simplement exclus des études en Allemagne. Oui, vous avez bien lu «exclus». Pas de compensation semestrielle, ni annuelle. Ainsi est le verdict et il est sans appel.
Autant dire que si on l’appliquait en France, il ne resterait plus beaucoup d’étudiants à qui enseigner. Ou tout du moins, ne subsisteraient que les plus motivés.
Car en dépit de ce que certains pourraient qualifier de cruel et de barbare, cette épée de Damoclès permanente au-dessus de la tête des étudiants germaniques est en réalité un formidable outil à motivation. Car c’est vraiment de cela qu’il s’agit.

La F. U. Berlin est une grande université, de par sa superficie, et elle a la place pour ses étudiants. Mais uniquement pour ceux qui sont motivés. Certes, le stress est permanent et ce serait mentir que de dire „ma corres n’était pas angoissée“. Toutefois, tenons-nous en aux faits : alors qu’elle reconnait elle-même que la physique n’est pas sa matière forte, ma correspondante a réussi son examen, et ce du 1er coup ! La preuve que ce système fonctionne.

Qui plus est, les Allemands, n’étudiant qu’une seule matière par tranche de 6 semaines, ont moins d’heures de cours. Leurs journées types suivent cet exemple : le matin, un cours de 2h et l’après-midi un TD de 2h. Les TP durent quant eux un après-midi entier. Mais quoi qu’il en soit, le nombre d’heures hebdomadaire tourne autour de 26h. On est loin des 35-40h que l’on peut avoir à l’UPMC ! Ce qui laisse la place aux démarches personnelles, à la recherche d’informations, aux dialogues  ̶  entre étudiants, entre étudiants et professeurs  ̶  et au travail alimentaire, celui qui permet de boucler les fins de mois.

Cela me permet de parler de deux autres aspects : les rapports étudiants-professeurs et le logement.

De ce que j’ai pu constater pendant ces quelques jours, les étudiants sont proches de leurs enseignants. Plus que nous ne le sommes. Alors qu’en France les rapports varient du scolaire à l’amical, en Allemagne, on tend plus aisément vers ce dernier. Les étudiants parlent avec leurs professeurs, leur demandent leur avis et surtout : ils n’hésitent pas à les contredire s’ils sont convaincus que leurs enseignants ont tort ! Et le professeur ne prend pas mal qu’un étudiant s’oppose à son raisonnement. Car c’est bien, c’est sain, c’est justement ainsi que se fait un cheminement intellectuel vers un savoir éclairé et ouvert.
Bien sûr, j’ai déjà pu faire ce genre de constat en France, mais c’est bien moins fréquent. Et nous pouvons presque tous témoigner de cette expérience en Allemagne, pendant ces quelques jours.

J’aborde maintenant la question du logement, histoire de faire tomber les internautes de leur fauteuil. Alors qu’à Paris nous nous retrouvons bien vite à payer 500€ par mois pour un 15m² en bordure de la capitale, nos confrères allemands peuvent jouir, pour la même somme, d’un 65m². Ça calme.

C’est sur cette note un peu grinçante, j’en conviens, que je termine cette 1ère partie de mon récit. Je reviendrai bientôt sur le blog pour lui donner suite.

Bleiben Sie dran ! (Stay tuned!)

– Nicolas

Der erste Tag…

Die französische Delegation ist am 23. Juni angekommen.
Nach einem furchterregenden Flug wurden wir von unseren Korrespondenten empfangen.
Tickets kaufen, Tag planen und dann ging es ab zu den Familien.

Abends haben wir uns wieder getroffen um auf die Ankunft zu trinken.
Manche haben sich sofort auf das lang erwartete typisch deutsche Bier geworfen, andere konnten sich nicht entscheiden ob sie eine Berliner Weisse in rot oder grün nehmen sollten. Denn ja, Waldmeister kennt man in Frankreich nicht !!!

„Was der Bauer nicht kennt, frisst er nicht ! „

Aber nach zwei kleinen Minuten Grauen war die Furcht wieder weg und das Bier fünf Minuten später auch runter.

Deutsche Spezialität : 1  –  Französische Angst vor Vergiftung : 0